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Mobilisation lycéenne : l’Antenne des mineurs en première ligne

Mis à jour le 5 novembre 2026

Le mois dernier, près de 200 mineurs ont été déférés à Paris après les événements survenus en marge des rassemblements lycéens. Pour les assister, l’Antenne des mineurs du barreau de Paris a doublé ses effectifs de permanence et défendu, un principe simple, celui de ne laisser aucun mineur sans avocat.

Depuis le milieu du mois de septembre 2026, des centaines de lycées, à Paris comme ailleurs, sont le théâtre d’un mouvement de mobilisation et de blocage. Il s’est accompagné d’un nombre considérable de gardes à vue, plus de 5 000 dans toute la France selon le ministère de la Justice, et qui concernent en très grande majorité des mineurs. Une situation qui a d’ailleurs conduit le Conseil de l’Ordre à prendre position, en sa séance du 6 octobre, pour rappeler que la garde à vue d’un mineur demeure une mesure exceptionnelle, entourée de garanties renforcées, au premier rang desquelles l’assistance d’un avocat.

Les semaines suivantes ont encore durci le contexte. Le 17 octobre, la mobilisation a pris une dimension nationale, avec des affrontements en marge de la manifestation, puis un week-end marqué par des violences, des pillages et d’importantes dégradations. C’est dans cette atmosphère tendue que les avocats parisiens se sont attachés à rendre effective la garantie rappelée par l’Ordre, en particulier au sein de l’Antenne des mineurs.

L’Antenne des mineurs sur le pont

Les avocats de l’antenne des mineurs assistent, au titre de la commission d’office, les mineurs durant leur garde à vue et lorsqu’ils sont déférés devant les juridictions parisiennes. Emanation de l’Ordre, l’Antenne des mineurs est rattachée au pôle accès au droit et à la justice que dirige Elodie Lefebvre, ancienne membre du Conseil de l’Ordre. L’Antenne organise les commissions d’office et les permanences et compte 240 avocats, bientôt rejoints par 80 confrères aujourd’hui en formation. L’assistance d’un avocat étant obligatoire au pénal pour un mineur, l’Antenne désigne systématiquement un avocat dès lors que le mineur ou ses représentants légaux n’en ont pas désigné. 

Les dernières semaines ont mis cette organisation à l’épreuve. A Paris, entre le 2 et le 26 octobre dernier, 192 mineurs ont été déférés, dont 74 de moins de 16 ans. Il a fallu renforcer les rangs, avec six avocats de permanence en semaine au lieu de trois outre un référent, avocat expérimenté, pour les coordonner y compris les week-ends. Des réunions d’urgence, des groupes de discussion et des mailings ont permis à chacun de rester informé. Près d’un mineur sur deux a été présenté à un juge des enfants, et soixante devant un délégué du procureur.

C’est cette dernière voie qui a particulièrement retenu l’attention des avocats de l’Antenne. Plusieurs mineurs étaient conduits au dépôt et reçus par le délégué du procureur, pour se voir notifier une mesure alternative aux poursuites, sans avocat, et sans la présence des représentants légaux, alors même que cette mesure suppose leur consentement.

« Il y avait des parents qui pleuraient de ne pas savoir où étaient leurs enfants », raconte Elisabeth Grabli, avocate et déléguée du bâtonnier au bureau pénal et à la défense d’urgence. « Nous nous sommes interrogés sur la justification de la privation de liberté de ces mineurs dans les locaux du dépôt du tribunal, et sur la légalité même de cette comparution devant le délégué du procureur », explique-t-elle. Le Code de la justice pénale des mineurs réserve en effet le déferrement au procureur de la République, en présence d’un avocat et des représentants légaux.

Si ce sujet a rapidement été posé sur la table, dans le cadre des réunions institutionnelles régulières réunissant avocats de l’Antenne, parquet des mineurs, tribunal pour enfants et protection judiciaire de la jeunesse, le barreau s’est immédiatement mobilisé pour assister les mineurs déférés devant un délégué du procureur. Alors que cette mission n’est pas couverte par l’aide juridictionnelle, des avocats de l’antenne se sont quotidiennement portés volontaires pour accompagner les mineurs et leurs familles et ce afin de leur délivrer les conseils juridiques indispensables à l’acceptation ou non de la mesure d’alternative aux poursuites envisagée par le parquet.

Désormais, il semble que les mesures alternatives se déroulent systématiquement en présence d’un avocat.

En ce début du mois de novembre, lycéens et étudiants appellent encore à bloquer leurs établissements. L’Antenne des mineurs, qui assure au quotidien la prise en charge des enfants dans toutes les procédures les concernant, continuera à adapter ses permanences en fonction des besoins. Aucun mineur ne sera laissé sans l’assistance d’un avocat spécifiquement formé au droit des enfants.