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Appel à mobilisation: le 29 juin, la justice ouvre ses portes aux citoyens !

Mis à jour le 28 juin 2021

Depuis plusieurs semaines, les mises en cause de la Justice vont bon train. Il est toujours infiniment commode, pour ceux en responsabilité ou qui aspirent à le devenir, de pointer du doigt son fonctionnement ou ses dysfonctionnements pour expliquer tous les maux de la société.

Chers Consœurs, Chers Confrères,

Le 8 juin 2021, Plusieurs syndicats de magistrats, d’avocats et des personnels de greffes et judiciaires ont appelé à l’organisation d’une journée portes ouvertes au sein de toutes les juridictions de France.

L’objectif de cet évènement est de permettre aux citoyens de se rapprocher de leur justice en leur proposant une approche pédagogique.

Conseil de l’Ordre du Barreau de Paris, le Conseil national des Barreaux et la Conférence des Bâtonniers ont apporté leur soutien à cette initiative.

Nous vous invitons donc à tous nous retrouver le mardi 29 juin 2021 à 11h45 au tribunal judiciaire de Paris pour un rassemblement autour des magistrats, avocats et greffiers qui participeront à cette mobilisation au service des justiciables.

Si vous souhaitez également participer plus activement à cette journée, une table ouverte sera installée au sein du tribunal judiciaire pour accueillir les justiciables et les informer sur ce qu’est la justice. N’hésitez pas à venir quelques instants, entre 9h et 18h pour soutenir l’opération.



Paris le 8 juin 2021

Nous, fonctionnaires de greffe, avocats, magistrats, participons quotidiennement à l’œuvre de justice. Nous constatons le fossé entre nos diagnostics sur les mesures qu’il conviendrait de prendre afin de rendre une justice de qualité, respectueuse des droits des parties et de la défense, dans des délais raisonnables, et les réformes qui s’accumulent, sans cohérence, imposant des réorganisations continuelles que les juridictions ne sont plus en mesure d’absorber.

 

Chaque citoyen a un avis sur la justice. Tous n’ont pas été amenés à pousser la porte d’un tribunal. Mais tous sont potentiellement concernés, dans leurs droits et leur vie quotidienne, par les choix qui sont faits pour le fonctionnement de la justice.

 

Si demain, comme le proposent certains, la justice ne vérifie plus que les preuves sont établies contre une personne avant qu’elle ne soit condamnée, tous les citoyens seront soumis au risque de l’arbitraire.

Si demain, rien n’est fait pour donner à la justice des moyens dignes d’une démocratie, chaque citoyen licencié, en conflit avec un voisin, ou en instance de divorce continuera à attendre des mois voire des années qu’une décision soit rendue - trop tard, bien souvent, pour être utile.

Les moyens de la justice sont notoirement insuffisants, les fonctionnaires de greffe croulent sous les piles de dossiers, leurs vacances de postes ne sont que rarement comblées. Ils sont pourtant garants de la procédure et des droits des citoyens. Le recrutement récent, massif et précipité de contractuels à durée déterminée, qu’il faut former à des tâches techniques, ne peut répondre au manque endémique de personnels.

La justice française est parmi les derniers de la classe européenne au regard du budget par an et par habitant. Le nombre de fonctionnaires de greffe, de juges et de procureurs est également parmi les plus bas au sein du Conseil de l’Europe.

Loin des idées reçues et des jugements à l’emporte-pièce, nous souhaitons collectivement donner à voir le fonctionnement de la Justice, afin que chacun s’informe directement. C’est ce qui nous a poussé à préparer depuis quinze jours une journée «Justice portes ouvertes» pour proposer à tous les citoyens qui le souhaitent de venir nous rencontrer, le 29 juin prochain, en passant la porte de leur tribunal.

Fonctionnaires de greffe, avocats, magistrats, viendront à leur rencontre, selon des modalités pratiques qui seront communiquées localement par chaque juridiction, pour les orienter vers les audiences publiques auxquelles ils pourront assister, et répondre à toutes les questions qu’ils se posent sur leur justice. Pour que chaque citoyen puisse dire demain : «notre justice».

Signataires du CP