Retour sur le colloque sur l'intersectionnalité des discriminations LGBTQIphobes
Le mardi 13 octobre, dans le cadre de la semaine de l’Avocat dans la Cité et de la Semaine de la Ville de Paris contre les discriminations sur le thème de l’intersectionnalité, le Barreau de Paris Solidarité a organisé un colloque consacré aux discriminations croisées vécues par les personnes LGBTQI+.
A la suite du discours d’introduction de Madame Annah Bikouloulou, adjointe au maire de Paris chargée de l’égalité et de la lutte contre les discriminations, Anne-Sophie Laguens, membre du Conseil de l’Ordre, a ouvert le colloque par un entretien avec l’humoriste, poète et artiste Noam Sinseau ; l’occasion d’apporter une première définition de la discrimination intersectionnelle.
Une première table ronde centrée sur le croisement des enjeux entre LGBTIphobie et sérophobie s’est ensuite installée. Sous la modération de Laëtitia Marchand, membre du Conseil national des barreaux, les intervenants, Adrien Cornec, chargé de mission chez AIDES, et Nicolas Sergeant, coordinateur social chez Act up, ont ainsi pu discuter de l’opportunité de la reconnaissance de la sérophobie comme discrimination. Les échanges ont soulevé de nombreuses questions, notamment au regard de la visibilité qu’une telle réforme apporterait aux particularités propres de la sérophobie, mais aussi de la difficulté que cette reconnaissance pourrait engendrer pour faire reconnaitre d’autre cas de discrimination lié à l’état de santé.
Le colloque s’est poursuivi par une seconde table-ronde qui a abordé l’intersectionnalité des LGBTIphobie avec les discriminations à l’égard des personnes travailleuses du sexe. Modérés par Anne-Sophie Laguens, ces échanges ont été l’occasion pour les intervenant.es, June Lucas, avocat au Barreau de Paris, Giovanna Rincon, directrice d’Acceptess-T et Jules Sanjim du programme Jasmine de Médecins du Monde, d’évoquer en particulier les retombées de la loi de 2016 dite « pénalisation des clients » et ses conséquences sur les conditions de travail des travailleur.ses du sexe.
Les discussions se sont terminées avec une troisième table-ronde, consacrée au racisme et aux LGBTIphobies. Le sujet principal de la table, à laquelle sont intervenus Rodolphe Gruber et Mathias Khelouya, de l’association SOS homophobie, et Zélie Heran, de SOS racisme, a porté sur l’intérêt d’avoir des actions collectives entre associations spécialisées, que ce soit en se portant parties civiles dans des affaires couplant les deux discriminations, ou en menant des activités de sensibilisation communes permettant de mieux identifier les discriminations lorsqu’elles se cumulent.
Le colloque a été conclu sur les mots de Charles Ohlgusser, membre du Conseil de l’Ordre et l’annonce du lancement du nouveau programme Pro Bono « PRISME » pour l’accès au droit des personnes LGBTQIA+.