In memoriam - PIERRE-FRANÇOIS VEIL
Monsieur le Bâtonnier et Madame la Vice-Bâtonnière ont la tristesse de vous faire part du décès de Pierre-François Veil, survenu le 6 mai 2026 dans sa 73ème année, et après 46 années d’exercice comme avocat.
Pierre-François Veil est né en 1954 à Clichy ; son père Antoine Veil est haut-fonctionnaire tandis que sa mère, Simone Veil, n’a pas encore entamé le parcours dans la magistrature et dans la vie politique qui la rendra célèbre dans les décennies à venir.
Après avoir fréquenté l’Ecole alsacienne à Paris, il étudie à l’Institut d’études politiques de Paris, dont il sort diplômé en 1976. Néanmoins, il renonce finalement à l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) pour se diriger vers la profession d’avocat : il complète ainsi son parcours d’une maîtrise de droit privé à Paris I en 1978 et, le 12 décembre 1979, il prête serment comme avocat au Barreau de Paris. Lors de son inscription, le rapporteur souligne une « très grande personnalité qui parle peu et reste modeste. […] A l’écouter, j’ai cru deviner chez lui un futur avocat dont les magistrats, ses confrères et ses clients sauront apprécier à la fois ses qualités morales et intellectuelles car il devrait se montrer à la fois humain et efficace »
C’est comme collaborateur dans le cabinet Gide Loyrette Nouel qu’il entame sa carrière, aux côtés notamment de Jean Loyrette, Philippe Nouel ou encore du futur bâtonnier Jean-Marie Burguburu. Mais c’est surtout son propre frère aîné, Jean Veil, lui aussi avocat dans ce cabinet, qui l’accueille et le « forme » à son arrivée dans la profession. En 1981, il passe avec succès le concours d’éloquence de la Conférence : il devient Troisième Secrétaire de la promotion 1981-1982, sous le bâtonnat de Jean Couturon, et obtient à ce titre les prix Jacques-Raulet et Edouard-Foy.
En 1984, il co-fonde le cabinet Dubarry Le Douarin Veil, avec Jean-Claude Dubarry – lui-même ancien Secrétaire de Conférence. Au fil des ans, il se spécialise notamment en droit commercial.
Pierre-François Veil aura été avocat toute sa vie. Depuis 2007, il exerçait comme associé au sein du cabinet Veil Jourde, à nouveau avec son frère Jean. Là, ses compétences reconnues en contentieux civil, commercial et pénal, l’amènent à intervenir dans des procès parfois à fort retentissement médiatique, mais également à être distingué parmi les Best Lawyers en « criminal defense » (2013) et en « litigation » (2014). En 2018, il avait pu voir l’un de ses fils, Lucas, devenir avocat à son tour.
Mais c’est aussi par son engagement associatif qu’il se fait particulièrement connaître. Marqué par son histoire familiale, il s’investit en tant que président du Comité français pour Yad Vashem, pour la reconnaissance des justes parmi les nations. En 2014, il intègre le comité d'administration de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, dont il devient président en juillet 2023. Il place alors son mandat dans la continuité de ses prédécesseurs, en particulier de sa mère Simone, qui a été première présidente de la Fondation.
C’est une figure de notre Barreau qui nous a quittés, tout autant investi dans sa profession, qu’engagé avec sincérité dans la transmission de la mémoire et la lutte contre l’antisémitisme. Il était officier de la Légion d’honneur depuis 2010.
Toutes nos condoléances et nos pensées vont à sa famille, ses proches et ses associés et collaborateurs.
Les obsèques auront lieu le vendredi 8 mai à 15h30, au cimetière du Montparnasse à Paris.
Louis Degos
Bâtonnier de Paris