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« AFFAIRE LYHANNA : CE N’EST PAS LA JUSTICE QUI TUE » : découvrez la tribune du bâtonnier

Mis à jour le 11 juin 2026

« Ce n’est pas la justice qui tue »

C’est l’absence de justice qui tue. Et le système actuel produit du déni de justice. Au-delà de l’émotion légitime, l’affaire Lyhanna révèle des failles structurelles qu’il serait irresponsable de ne pas nommer. 

Même si des « dysfonctionnements » venaient à être révélés par l’enquête, le seul coupable présumé, aujourd’hui, est l’homme interpellé – et dont la présomption d’innocence doit, elle aussi, être respectée. Tout en pensant avec effroi à Lyhanna et sa famille, cette tragédie nous interroge. Non pas sur la culpabilité des institutions, mais sur leur capacité à accomplir leur mission. Nous le devons à sa famille, à toutes les familles, à tous les justiciables. 

La justice française compte des hommes et des femmes dévoués, qui œuvrent chaque jour pour protéger les citoyens. Les avocats, les forces de l’ordre, les magistrats, les parquetiers… Mais elle étouffe sous le poids des process et l’isolement des organes de la chaîne pénale qui ont pu retarder, compliquer ou empêcher une intervention plus rapide. 

On ne peut donc pas faire l’économie d’aborder le sujet flagrant du manque de moyens et se contenter d’avoir vu le budget passer de 7 à 11 milliards d’euros en une dizaine d’années (ce qui laisse quand même la justice, malgré cette augmentation louable, parmi les services les plus pauvres de l’Etat). On oublie, au surplus, de s’inquiéter de l’allocation de ces moyens et de regarder le fonctionnement interne de la justice et l’emploi des ressources humaines qui la font vivre.

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