Editorial

Rencontre avec Juan José Villagómez H. de la Casa del Migrante au Mexique

Droits de l'Homme

Mis à jour le 02.11.2015

Les droits des migrants au Mexique sont défendus ardemment par la Casa del Migrante où travaille M. Villagómez, mais les membres de cette organisation sont régulièrement victimes de menaces et de harcèlement.

Le 12 octobre 2015, le barreau de Paris a reçu M. Juan José Villagómez, coordinateur de projet au sein de l’organisation Casa del Migrante basée dans le village de Saltillo au Mexique. Le barreau de Paris était représenté par Anne Souléliac, responsable des droits de l’homme, et Rébecca Radereau du Département des relations internationales.

M. Juan José Villagómez est engagé dans la défense des droits des migrants. La Casa del Migrante de Saltillo est une organisation de défense des droits humains et plus particulièrement des personnes originaires d’Amérique centrale et du sud émigrant au Mexique. Elle agit dans trois domaines : la gestion migratoire, l’accès à la justice et la défense juridique.

M. Villagómez explique que les migrations actuelles sont dues principalement à la situation politique et économique préoccupante en Amérique Centrale. 90% des migrants que la Casa del Migrante accueille sont originaires du Honduras, considéré comme le pays le plus violent au monde, 5% viennent du Guatemala, 4% du Salvador et 1% du Nicaragua. Dans ces pays, le crime organisé, le narcotrafic, la corruption et la pauvreté poussent les populations à émigrer.

D’après M. Villagómez, les migrants sont confrontés à une situation critique lorsqu’ils arrivent sur le sol mexicain. Les cas de discrimination et de torture sont fréquents et conduisent souvent indûment les migrants en prison. De plus, les démarches juridiques présentent de nombreuses difficultés car le Mexique ne reconnait pas le droit des personnes réfugiées et ignore souvent les obligations du Protocole d’Istanbul.

La Casa del Migrante apporte une assistance humanitaire aux migrants, leur offre un abri, de la nourriture, un soutien psychologique et en parallèle mène des recherches approfondies sur les violations dont ils sont victimes sur leur chemin à travers le Mexique. L’organisation travaille à garantir l’accès de ces migrants à la justice afin qu’ils puissent obtenir le statut de réfugié et/ou porter plainte pour la violation de leurs droits fondamentaux.

M. Villagómez a également signalé qu’en raison de leur travail pour la défense des droits de l’homme, les membres de la Casa del Migrante, parmi lesquels figurent deux avocats, sont régulièrement victime de menaces, de harcèlement et font l’objet de surveillance. Des mesures de protection sont accordées à la Casa del Migrante par la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme depuis 2010, mais cela n’empêche par les incidents de sécurité. M. Villagómez cite le cas du Père Pedro Pantoja qui travaille pour la Casa del Migrante et qui a été menacé de mort en janvier 2013. M. Villagómez indique qu’un mécanisme de protection des défenseurs et des journalistes a été mis en place en 2012 au Mexique, mais celui-ci n’est pas encore en fonction et doit être renforcé.

Le barreau de Paris entend rester vigilant concernant la situation de ceux qui travaillent pour la Casa del Migrante et œuvrer en faveur de  la mise en œuvre effective du mécanisme de protection.