Editorial

Nouvelles arrestations inquiétantes d'avocats turcs

Droits de l'Homme

Mis à jour le 19.09.2016

COMMUNIQUE DE L’OBSERVATOIRE INTERNATIONAL DES AVOCATS EN DANGER (OIAD) - Vendredi 16 septembre 2016

 

 

L’Observatoire International des Avocats en Danger apprend avec consternation et inquiétude l’arrestation, les 8 et 9 septembre 2016, de nombreux avocats turcs à Antalya.

25 avocats ont d’abord été arrêtés le 8 septembre dernier suite aux instructions du Procureur de la République.

Figurent parmi eux Münip Ermiş, Vice-Président de l'Association des juristes progressistes (ÇHD), qui a été placé en garde à vue au matin du 8 septembre, et un membre du Conseil de l’Ordre du Barreau d’Antalya, Lider Tanrıkulu.

Des perquisitions ont eu lieu aux domiciles et cabinets de ces avocats.

Le 9 septembre, un groupe d'avocats qui tentait de lire un communiqué de presse face au Palais de justice d’Izmir, sollicitant la libération de Münip Ermiş et de ses confrères, a été interpellé par les forces de police, avant d’être libéré le lendemain, samedi 10 septembre.

Aujourd’hui, Münip Ermiş et Lider Tanrıkulu ont été libérés sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire, et sept avocats sont encore détenus, accusés d’être membres du mouvement FETO, soupçonné d’être à l’origine du coup d’Etat manqué du 15 juillet dernier.

La libération de nos confrères fait notamment suite à la protestation des membres de cette association qui ont organisé, dimanche 11 septembre, un sit-in devant le Tribunal d’Antalya pour la libération de Münip Ermiş.

L’Observatoire international des Avocats en Danger rappelle que la Turquie, en tant que candidat à l’adhésion à l’Union européenne, s’est engagée à respecter intégralement les critères de Copenhague, qui incluent notamment l’intangibilité de l’Etat de droit et des droits de l’Homme.

A ce titre, l’Observatoire dénonce avec force ces atteintes à la liberté d’expression et ces interpellations massives d’avocats.

Il rappelle également que les articles 16 à 18 des Principes de base relatifs au rôle du barreau, adoptés par les Nations-Unis à la Havane en 1990 prévoient que :

- Les pouvoirs publics veillent à ce que les avocats a) puissent s'acquitter de toutes leurs fonctions professionnelles sans entrave, intimidation, harcèlement ni ingérence indue; b) puissent voyager et consulter leurs clients librement, dans le pays comme à l'étranger; et c) ne fassent pas l'objet, ni ne soient menacés de poursuites ou de sanctions économiques ou autres pour toutes mesures prises conformément à leurs obligations et normes professionnelles reconnues et à leur déontologie.

- Lorsque la sécurité des avocats est menacée dans l'exercice de leurs fonctions, ils doivent être protégés comme il convient par les autorités.

- Les avocats ne doivent pas être assimilés à leurs clients ou à la cause de leurs clients du fait de l'exercice de leurs fonctions.

 

 

 

Qui sommes-nous ?

L’Observatoire international des avocats en danger a été fondé par le Conseil national des barreaux (France), le Barreau de Paris (France), le Consejo General de la Abogacía Espanola (Espagne), et le Consiglio Nazionale Forense (Italie). Son objectif est de mener une veille permanente de la situation des avocats menacés dans le monde en raison de l’exercice légitime de leur profession et de porter assistance aux avocats dont la vie, la liberté ou l’exercice professionnel sont menacés.