Editorial

L’Observatoire International des Avocats en danger (OIAD) dénonce fermement l’arrestation à Izmir le mardi 6 juin 2017 de 23 avocats.

Droits de l'Homme

Mis à jour le 09.06.2017

Le 7 juin 2017

Les informations dont dispose l’OIAD, établissent que ces arrestations seraient basées sur des soupçons de liens entre ces avocats et le mouvement de Fethullah Gülen,qui est tenu responsable par le Gouvernement de la tentative de coup d’état de juillet 2016.

L’OIAD s’alarme du fait que depuis l’échec de ce coup d’état, l’écrasante majorité des arrestations conduites par le Gouvernement turc l’ont été de manière arbitraire et s’apparente à une forme de répression dirigée contre toutes les voix libres et indépendantes du pays. En quelques mois, plus de 50 000 personnes, parmi lesquelles de nombreux magistrats, avocats, journalistes et universitaires, ont été victimes de mesures de représailles, plus de 400 avocats ont ainsi été arrêtés depuis l’été 2016. Le recours à la torture lors des détentions a été rapporté à de nombreuses reprises.

Parmi les 23 avocats arrêtés le 6 juin se trouve Taner Kiliç, président d'Amnesty International Turquie, figure de la défense des droits de l’Homme dans le paysage turc et international.

L’OIAD exprime sa pleine solidarité aux avocats turcs victimes de cette répression.

L’OIAD appelle les autorités turques à respecter les Principes de base relatifs au rôle du barreau, adoptés par les Nations-Unis à la Havane en 1990 et notamment le principe 16 qui prévoit que «  Les pouvoirs publics veillent à ce que les avocats a) puissent s'acquitter de toutes leurs fonctions professionnelles sans entrave, intimidation, harcèlement ni ingérence indue; b) puissent voyager et consulter leurs clients librement, dans le pays comme à l'étranger; et c) ne fassent pas l'objet, ni ne soient menacés de poursuites ou de sanctions économiques ou autres pour toutes mesures prises conformément à leurs obligations et normes professionnelles reconnues et à leur déontologie ».

En l'absence de preuves de leur implication dans la commission d’infractions, l’OIAD demande donc instamment aux autorités turques d’abandonner toutes les charges retenues contre ces avocats et de garantir leur liberté et sécurité.

Qui sommes-nous ?

L’Observatoire international des avocats en danger a été fondé par le Conseil national des barreaux (France), le Barreau de Paris (France), le Consejo General de la Abogacía Espanola (Espagne), et le Consiglio Nazionale Forense (Italie). Son objectif est de mener une veille permanente de la situation des avocats menacés dans le monde en raison de l’exercice légitime de leur profession et de porter assistance aux avocats dont la vie, la liberté ou l’exercice professionnel sont menacés.

Sont membres actifs de l’OIAD les barreaux suivants :

Barreau de Caen
Barreau des Hauts-de-Seine
Barreau de Metz
Barreau de Montpellier
Barreau de La Rochelle - Rochefort
Barreau de Lyon
Barreau de Rouen
Barreau de Strasbourg
Barreau de Tour
Barreau de Thonon les Bains
Barreau de Bari
Barreau de Brescia
Barreau de Messina
Barreau de Oristano  (Sardaigne )
Barreau de Rome
Barreau de Turin
Barreau de Barcelone
Colegio de Abogados del Senorio de Bizkaia (Bilbao)
Colegio Legi de l'Advocacia de Lleida
Barreau de Madrid
Colegio de Talavera de la Reina (Toledo)
Barreau de Genève (Suisse)
Barreau de Dyarbakir (Turquie)