Article

Une rentrée solennelle 2019 exceptionnelle

Mis à jour le 09.07.2020

Le 29 novembre 2019, la Rentrée solennelle du barreau de Paris s’est déroulée dans le vestibule de Harlay du Palais de justice de l’île de la Cité en présence de 80 délégations étrangères et 110 bâtonniers, faisant de Paris durant quelques jours « la capitale internationale du monde », comme l’a souligné avec fierté le bâtonnier de Paris Marie-Aimée Peyron.

Pour ce moment important dans la vie de la famille judiciaire, de nombreuses personnalités étaient présentes, comme chaque année, avec toutefois une première dans l’histoire de la rentrée, la venue du président du Sénat, Gérard Larcher, qui a souhaité par sa présence « manifester l’attachement du Sénat aux valeurs qu’incarnent les avocats : la défense des libertés et droits fondamentaux et une justice en proximité ». « Vous jouez un rôle de vigie dans notre démocratie et vous pouvez compter sur le Sénat pour être attentif à vos côtés », a-t-il ainsi déclaré.

dsc_0941.jpg

Une mobilisation quotidienne rappelée par le vice-bâtonnier Basile Ader, au travers des nombreux combats menés par le barreau de Paris pour défendre les droits des justiciables : loi sur la sécurité intérieure, box vitrés, réforme de la justice, demandeurs d’asile, réforme de la justice pénale des mineurs, etc. Ces justiciables qui lorsqu’ils n’ont plus rien à opposer que le secours de la loi, prononcent cette phrase qui résume leurs derniers espoirs : « Je veux voir un avocat ! ». Combat aussi pour que soient alloués plus de moyens à la justice : « La justice est le dernier ciment de la cohésion nationale, il est donc du devoir de l’État d'y consacrer tous ses moyens ». Or a-t-il regretté « les ministres de la Justice sont autant gardes des Sceaux que gestionnaires de la pénurie », comme en écho à Gérard Larcher qui constatait quelques instants auparavant que le budget 2020 alloué à la justice serait inférieur de 150 M€ par rapport aux prévisions de la loi de programmation de la justice.

La maire de Paris Anne Hidalgo a également salué l’engagement des avocats parisiens : « Nous avons travaillé main dans la main avec le barreau de Paris et le bâtonnier de Paris pour nos concitoyens : les droits des plus fragiles, la situation intolérable des réfugiés, la justice climatique... Autant de combats qui nous rassemblent au quotidien ». Et d’ajouter : « Nous avons besoin de vous, sans vous la justice ne serait pas la même ».

Retour en images : découvrez les vidéos et les discours de la Rentrée du barreau de Paris 

Un engagement auquel, à son tour, a rendu hommage Nicole Belloubet, garde des Sceaux, ministre de la Justice, qui est revenue sur les derniers temps forts de ses échanges avec le barreau de Paris. Ont notamment été évoqués la mise en œuvre de la réforme de la justice, la tenue des premières Assises relations avocats, magistrats, greffiers et personnels de justice et, plus récemment, le Grenelle des violences conjugales, sujet sur lequel elle a annoncé réfléchir à la possibilité d’accorder l’aide juridictionnelle de manière provisoire en cas de demande d’une ordonnance de protection. « Il n'y aura pas de lutte efficace contre les violences conjugales sans les avocats », a-t-elle affirmé. Parlant de l’avenir, elle a déclaré qu’elle est « prête à réfléchir (…) à la mise en place des nouvelles structures d’exercice international » et à l’opportunité de faire évoluer la législation pour que « les avis des juristes internes à l’entreprise puissent être protégés par le secret professionnel ou, à tout le moins, par un principe de confidentialité ». Abordant enfin le projet de réforme de retraites, sans fermer la porte au dialogue, la garde des Sceaux a réaffirmé la volonté du gouvernement de mettre en place un régime universel.

Le bâtonnier de Paris Marie-Aimée Peyron l’a remerciée pour sa présence, tout comme l’ensemble des autres personnalités, ainsi que pour le travail accompli ensemble pendant ses deux années à la tête du barreau de Paris. Elle a ensuite remercié le vice-bâtonnier Basile Ader et tous les membres du Conseil de l’Ordre pour leur implication sans faille, sur les nombreux projets qui ont été menés durant son bâtonnat, notamment la lutte contre les discriminations et les inégalités professionnelles, l’installation de la chambre commerciale internationale de la Cour d’appel de Paris, la création du Lab EFB, la mise en place de nouvelles permanences du Bus Barreau de Paris Solidarité et la tenue des premières Assises relations avocats, magistrats, greffiers et personnels de justice.

Cette Rentrée a été enfin l’occasion pour Marie-Aimée Peyron de réaffirmer que le barreau de Paris reste mobilisé sur des sujets difficiles comme la prochaine mise en œuvre de la réforme de la justice en matière de divorce et de procédure civile, le futur débat autour du rapport Gauvain et du statut d’avocat en entreprise et le projet de réforme des retraites à propos duquel elle a réitéré le refus de la profession de voir son régime autonome intégrer le futur régime universel. « Notre profession est sans conteste la première victime du rapport Delevoye », a-t-elle ainsi déclaré. C’est tournée vers l’avenir, qu’elle a conclu en annonçant l’inauguration symbolique de la Maison des avocats, le 19 décembre prochain, lors de la cérémonie de passation du bâton, après deux années d’investissement au service du barreau : « J’ai œuvré, bataillé toujours, convaincu parfois, travaillé sans relâche pour cette profession que j’aime profondément. Je continuerai, avec une conviction profonde ».

La parole a ensuite été donnée aux deux premiers secrétaires de la Conférence, Alexandra Boret et Amandine Sbidian qui ont, avec éloquence, rendu pour la première un hommage à maître Thierry Lévy et, pour la seconde, retracé le procès de l’usine Continental de Clairoix.

La Rentrée solennelle s’est clôturée par la traditionnelle remise des prix, lors de laquelle Vincent Nioré, ancien membre du Conseil de l'Ordre, a reçu la médaille de la Conférence, juste avant que le bâtonnier de Paris ne remette la médaille du barreau de Paris à Mikołaj Pietrzak, bâtonnier de l’Ordre de Varsovie, pour son investissement en faveur des droits de l’Homme et de l’État de droit.

Voir l'intégralité de la Rentrée solennelle du barreau de Paris et de la Conférence