Editorial

Portrait international - Chems-eddine Hafiz

Relations internationales

Mis à jour le 13.10.2015

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Jacques BOUYSSOU : Comment avez-vous été amené à développer une pratique internationale ?

Chems-eddine HAFIZ : J’ai commencé à exercer ma profession d’avocat en 1986 à Alger. En m’inscrivant à Paris en 1991, j’ai été amené naturellement à traiter des dossiers liés aux deux pays, la France et l’Algérie, à côté d’une activité d’avocat généraliste à forte dominante pénale. Sur le plan international, j’ai assisté sur le plan judiciaire des entreprises Algériennes devant des juridictions françaises ou arbitrales et conseillé des grands groupes français qui entretenaient des relations commerciales avec l’Algérie.

Par ailleurs, j’ai effectué des missions de conseil pour des administrations centrales Algériennes.

Tout au début de mon activité à Paris, ma pratique internationale occupait 30% de mon chiffre d’affaires. Aujourd’hui, elle est de l’ordre de 80%, et de plus en plus, je me consacre pratiquement à temps plein dans l’accompagnement des entreprises françaises en Algérie. Les relations économiques sont considérables et l’expertise juridique est nécessaire pour la réussite de ces opérations commerciales.

Jacques BOUYSSOU : Quelle est votre activité dominante à l’international ?

Chems-eddine HAFIZ : J’assiste principalement les entreprises françaises qui investissent en Algérie, celles qui s’implantent et celles qui réalisent des contrats dans ce pays.

J’assiste également des personnes physiques et morales Algériennes et arabes qui exercent des activités commerciales en Europe de manière générale et en France notamment.

Jacques BOUYSSOU : Quels engagements tirez-vous de votre activité internationale ?

Chems-eddine HAFIZ : Je suis particulièrement impliqué dans le rapprochement entre la France et l’Algérie qui constitue pour moi un enjeu fondamental des années à venir. A l’instar de la construction de l’Europe initiée au cours des années qui ont suivi la seconde guerre mondiale et des rapports stratégiques mis en place entre l’Allemagne et la France, pourtant meurtries par deux guerres successives, l’Algérie et la France peuvent, et doivent relever ce défi. Très modestement, j’essaie à mon niveau d’y participer.

Je consacre beaucoup de temps à mieux faire connaître l’espace juridique Algérien par l’intermédiaire de mon blog dédié au droit algérien, de la Commission Paris-Alger du barreau de Paris que j’anime et de l’Association Euro-Maghreb du droit des affaires (AEMADA), dont je suis membre fondateur et aujourd’hui Président d’honneur.

Jacques BOUYSSOU : Un souvenir fort que vous aimeriez partager avec vos confrères parisiens ?

Chems-eddine HAFIZ : En 1989 ou 1990, une forte délégation du barreau de Paris s’est rendue à Alger, conduite par feu le Bâtonnier Mario Stasi. Les relations entre les avocats des deux barreaux étaient importantes à l’époque et le bâtonnier STASI avait insufflé une vraie dynamique.

Aujourd’hui force est de constater que la relation entre les deux Ordres s’est quelque peu distendue.

Avec le campus d’Alger qui se tiendra au cours du mois de novembre prochain, le barreau de Paris a voulu donné un signe fort pour un rapprochement stratégique avec son homologue algérois. Le bâtonnier d’Alger, notre confrère Abdelmadjid SILINI, a répondu favorablement à cette initiative en impliquant son Conseil dans la réussite de ce très bel  évènement. 

J’espère que cette manifestation va constituer le point de départ pour une refonte des relations entre les deux barreaux qui ont chacun besoin de l’autre. En tout cas, je m’y emploie.