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N’oublions pas nos Confrères en prison en Iran!

Mis à jour le 19.05.2020

Le barreau de Paris exhorte les autorités iraniennes à libérer nos confrères injustement détenus pour avoir exercé leur activité d’avocat, notamment Nasrin Sotoudeh, membre d’honneur du barreau de Paris mais aussi Abdolfattah Soltani, Mohammad Najafi et Amir Salar Davood, tous quatre lauréats du Prix droits humains 2019 du Conseil des barreaux européens (CCBE). Une libération rendue d’autant plus urgente par la pandémie de Covid-19 et la situation sanitaire désastreuse des prisons iraniennes.

Les attaques à l’encontre des avocats n’ont cessé de s’intensifier en Iran ces dernières années. Nos confrères sont confrontés aux harcèlements judiciaires en raison de l’exercice de profession. La répression telle qu’il est très difficile pour les avocats d’assurer la défense de ceux qui sont considérés comme des opposants politiques ou même d’accepter des dossiers identifiés comme sensibles pour les autorités.

Dans un contexte extrêmement difficile pour les opposants politiques au gouvernement, la presse et les organisations des droits de l'homme, le prix à payer est particulièrement élevé pour ceux qui continuent leur mission de défense des droits humains.

Le cas le plus emblématique est celui de Nasrin Sotoudeh, condamnée à 38 ans de prison et 148 coups de fouet pour des « infractions liées à la sécurité nationale ». Notre consœur a assuré avec dévouement et beaucoup de courage la défense des femmes et des enfants victimes de violences policières et familiales ainsi que celle des militants des droits de l’homme et des journalistes poursuivis arbitrairement. Elle combat également vigoureusement la peine de mort notamment en assurant la défense des mineurs et des minorités religieuses condamnés à la peine capitale.

Abdolfattah Soltani, cofondateur du Centre des défenseurs des droits de l’homme, est en détention depuis 2011. Il a passé la plus grande partie de sa carrière d’avocat à défendre des prisonniers politiques.

Mohammad Najafi particulièrement actif dans la défense de prisonniers politiques iraniens a été condamné à 17 ans de prison et 74 coups de fouet.

Amir Salar Davoudi est un avocat connu pour avoir défendu des membres de minorités religieuses ou ethniques et de nombreux prisonniers politiques. Il a été condamné à 30 ans de prison et 111 coups de fouet.