Editorial

Rencontre avec Shawan Jabarin, Directeur de l’association palestinienne Al-Haq

Droits de l'Homme

Mis à jour le 14.10.2015

M. Shawan Jabarin, Directeur de l’association palestinienne Al-Haq et vice-président de la FIDH, a été accueilli au Barreau de Paris sur la question des droits de l’homme dans les territoires palestiniens.

Le 21 septembre 2015, le Barreau de Paris représenté par M. Abderrazak Boudjelti, MCO, co-responsable de la Commission ouverte « Droit des Etrangers et droit de la Nationalité » du barreau de Paris et membre de l’Association des avocats pour la Défense des Droits des Etrangers (ADDE), Mme Anne Souléliac, avocat responsable des droits de l’homme et Rébecca Radereau du département des relations internationales, a reçu M. Shawan Jabarin pour un échange sur le problème de la détention administrative dans les territoires palestiniens.

M. Jabarin œuvre pour le respect des droits humains en Palestine et en Israël et milite activement dans la résolution du conflit israélo-palestinien. M. Jabarin a été le premier Palestinien à être reconnu en tant que « prisonnier de conscience » par Amnesty International. Il est aujourd’hui Directeur Général de l’association Al Haq qui défend les droits de l’homme et notamment ceux des prisonniers. Depuis 2011, il fait partie du Comité consultatif sur le Moyen-Orient de Human Rights Watch et en 2013 il a été élu Vice-Président de la FIDH.

M. Jabari était accompagné d’une délégation de trois personnes : Maryse Artiguelong, membre du comité central de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) ; Julia Bourbon, responsable des programmes Maghreb/Moyen-Orient à l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) ; et Alice Garcia, assistante de communication à la Plateforme des ONG Françaises pour la Palestine.

La Plateforme des ONG Françaises pour la Palestine a été créée en 1993 à la suite des Accords d’Oslo en vue de mobiliser l’opinion publique pour la reconnaissance des droits des Palestiniens et accompagner le peuple palestinien vers l’établissement d’un Etat souverain sur la base des « territoires de 1967 ». La Plateforme rassemble aujourd’hui 40 associations de solidarité internationale et de défense des droits de l’homme, dont 28 sont membres et 12 membres observateurs. La Plateforme est devenue un lieu d’échange d’informations entre ces organisations françaises, palestiniennes et internationales, visant à défendre les droits des palestiniens et le développement de la Palestine.

La visite de la délégation avait pour objet de présenter la situation actuelle des droits de l’homme en Palestine et de mettre l’accent sur la recrudescence de la pratique de la détention administrative dans les territoires palestiniens. La détention administrative est une procédure qui permet de placer une personne en détention pour une période de six mois renouvelable de manière illimitée, sans inculpation et sans procès. Le détenu peut être emprisonné sur la base d’informations dites « secrètes »  qui ne sont accessibles ni au détenu ni à son avocat. L’avocat n’ayant aucune information sur le dossier, il lui est impossible de contester le placement en détention.

Le droit international interdit cette pratique à moins qu’elle ne soit « absolument nécessaire » ou qu’il n’y ait « d’impérieuses raisons de sécurité » en jeu. Le risque de l’utilisation fréquente de la détention administrative est que celle-ci ne se transforme rapidement en véritable outil de pression et de répression afin de contourner la voie judiciaire et d’empêcher toute protection légale des personnes concernées.