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Rencontre avec les avocats du 7e arrondissement : la réforme des retraites au cœur des préoccupations

Mis à jour le 08.10.2019

Le 27 septembre dernier, le bâtonnier de Paris Marie-Aimée Peyron et le vice-bâtonnier de Paris Basile Ader sont allés à la rencontre des avocats du 7e arrondissement, accompagnés de nombreux membres du conseil de l’Ordre, Pascale Lalère, Ana Atallah, Laurence Krief, Vanessa Bousardo, Gabriel Benesty et Joël Grangé, et du secrétaire général de l’Ordre, Olivier Lagrave.

 

mairie_0.jpgIls ont été chaleureusement accueillis à la mairie par Rachida Dati, ancienne garde des Sceaux et actuelle maire de cet arrondissement qui accueille, comme elle a tenu à le souligner, près de 10 % des avocats parisiens.

Les échanges ont débuté autour de la récente réforme de la justice, sur laquelle le barreau de Paris s’est fortement mobilisé, aux côtés du Conseil national des barreaux et de la Conférence des bâtonniers. Rachida Dati a constaté à regret que « les avocats n’ont pas été entendus », jugeant que « les pouvoirs du parquet ont été renforcés au détriment des droits de la défense », les avocats n’ayant aucun pouvoir au stade de l’enquête. Un avis partagé par le vice-bâtonnier Basile Ader, pour qui « les avocats sont un marqueur de démocratie ». Marie-Aimée Peyron a toutefois tempéré ce constat en rappelant que la censure d’une partie importante du texte par le Conseil constitutionnel « a fait droit à nos arguments et marqué une belle victoire de la profession », avant d’ajouter que « l’Ordre reste mobilisé sur les décrets d’application pour s’assurer du respect des droits de la défense ».

La dégradation des relations magistrats/avocats a ensuite été évoquée : les avocats présents ont déploré le manque de place qui leur est réservé dans le nouveau tribunal de Paris, tout comme l’isolement des magistrats au sein du bâtiment, à l’origine selon eux de la crispation des relations. Le bâtonnier de Paris a assuré que l’Ordre a pris toute la mesure du problème et œuvre quotidiennement avec le président du tribunal de grande instance de Paris Jean-Michel Hayat et le procureur de la République de Paris Rémy Heitz pour remédier à cette situation. « Des Assises des relations magistrats/avocats/personnel de justice auront lieu le 14 novembre prochain afin de tenter de résoudre les difficultés rencontrées quotidiennement et notamment l’absence d’accès aux juges », a indiqué Marie-Aimée Peyron. En outre, la future Maison des avocats offrira bientôt aux avocats parisiens de nouveaux espaces de travail.

L’essentiel des échanges s’est ensuite concentré sur la réforme des retraites lancée par le gouvernement. Le bâtonnier de Paris a fait part de la mobilisation sans faille du barreau de Paris, aux côtés du Conseil national des barreaux et de la Conférence des bâtonniers, avant même les annonces de Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire aux retraites, désormais délégué auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé. « Nous ne lâcherons rien sur la réforme des retraites », a-t-elle déclaré, « nous n’entrons pas aujourd’hui dans le détail des mesures, nous restons sur le principe du refus d’intégration de notre régime autonome dans le régime universel », qui reviendrait à affaiblir la profession et donc, encore une fois, à réduire l’accès au droit pour les justifiables les plus faibles. « C’est un enjeu démocratique », a martelé Basile Ader. Une vision partagée par Rachida Dati, pour qui « la réforme des retraites engendrera une précarisation de la profession d’avocat ». Or, a-t-elle rappelé « les avocats sont les derniers maillons de l’État de droit qui assure la protection des plus vulnérables. La profession doit donc être défendue ». Le bâtonnier de Paris a conclu la rencontre en invitant les avocats à rester mobilisés et à interpeller leurs élus.