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Rencontre avec les avocats du 5e arrondissement : les difficultés d’exercice au cœur des échanges

Mis à jour le 19.04.2019

Le 10 avril dernier, le bâtonnier de Paris Marie-Aimée Peyron et le vice-bâtonnier de Paris Basile Ader sont allés à la rencontre des avocats du 5e arrondissement, au sein de la mairie où ils ont été accueillis par la maire, Madame Florence Berthout et son premier adjoint, Monsieur Pierre Casanova, également avocat au barreau de Paris. Laurence Krief, membre du conseil de l’Ordre et Brice Le Renard, directeur administratif et financier de l’Ordre, étaient également présents pour répondre aux problématiques soulevées par les avocats présents.

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Reconnaissant que la profession d’avocat est peu connue des élus municipaux, Florence Berthout a fait part de sa joie d’accueillir ce moment d’échanges, avant de souligner que la mairie du 5e arrondissement a mis en place en 2016 une Maison du droit, « première clé qui permet de venir vers les avocats de manière décomplexée », où ces derniers assurent des consultations juridiques chaque semaine. Le bâtonnier de Paris l’a pour sa part assurée du soutien de la profession : « Sachez que vous pouvez compter sur les avocat dans les mairies. Ils sont là pour vous aider ». L’occasion pour Marie-Aimée Peyron de rappeler aux avocats présents que l’Ordre est là pour les aider eux-mêmes s’ils doivent faire face à des difficultés : le service social, récemment réformé et renommé « service économique et social, afin de mieux refléter la réalité de ce à quoi il sert », est à leur disposition.

Les difficultés liées au déménagement du Tribunal de Paris ont ensuite donné lieu à de nombreux échanges. Tout d’abord, la perte de contact et de proximité avec les magistrats et les greffes, devenus inaccessibles voire injoignables. Le bâtonnier de Paris a indiqué que le conseil de l’Ordre a déjà obtenu un premier annuaire des magistrats et des greffes (mail, téléphone), transmis par le président du TGI Jean-Michel Hayat, qui devrait être complété très prochainement.

L’engorgement du Tribunal de Paris a ensuite été évoqué : en réponse, le bâtonnier a expliqué qu’une réflexion est actuellement menée pour mettre en place une procédure de mise en état devant le tribunal d’instance afin d’éviter la multiplication des renvois. Une autre problématique, plus particulièrement liée au regroupement de tous les tribunaux d’instance au sein du nouveau tribunal, a également été soulevée, tant par les avocats présents que par la maire du 5e: l’éloignement des juges qui traitent des dossiers de tutelle et de curatelle, sans avoir rencontré les personnes concernées, par définition vulnérables, qui ne peuvent physiquement se déplacer aux Batignolles. Marie-Aimée Peyron a assuré qu’elle relaiera cette difficulté au président Hayat et au Défenseur des droits, déjà alertés par Florence Berthout, et réfléchira à l’idée proposée par la maire d’assurer des permanences dédiées en mairie et appuiera la demande d’organiser des audiences foraines.

Le bâtiment du nouveau Tribunal de Paris a fait l’objet de plusieurs remarques de la part des avocats présents, qui constatent que « l’exercice s’est vraiment compliqué depuis son ouverture » : perte de temps pour s’y rendre, nécessité de faire la queue avec les justiciables pour pouvoir effectuer certaines formalités, absence de lieux de travail, impossibilité de se restaurer sur place. Consciente de ces difficultés, le bâtonnier a indiqué que la future Maison des avocats, qui sera livrée en octobre 2019, devrait résoudre plusieurs de ces problèmes puisqu’elle offrira des espaces de travail. En outre, l’Ordre espère obtenir prochainement un accès à une des terrasses du Tribunal ainsi qu’à une des cafétérias.

Le maintien de l’Ordre des avocats de Paris au sein du palais de la Cité, le financement de la Maison des avocats, ainsi que les réflexions sur la mise en place une toque numérique, ont également été abordés au cours des échanges.