Editorial

Racisme et antisémitisme : les avocats parisiens sensibilisent les élèves

Mis à jour le 29.03.2019

initiadroit.png Dans le cadre de la semaine nationale d'éducation et d'actions contre le racisme et l'antisémitisme, le bâtonnier de Paris Marie-Aimée Peyron a participé le 18 mars 2019 à une opération de sensibilisation organisée par l’association InitiaDROIT, au sein d’une classe de terminale STI2D du lycée technique Raspail à Paris.

En présence de Gilles Pecout, recteur de Paris, Frédéric Potier, Délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH) et Alain Galeazzi, proviseur du lycée Raspail, Jean-Pierre Le Petit, avocat bénévole d’InitiaDROIT a tout d’abord interrogé les élèves sur la définition du racisme et de l’antisémitisme, mais aussi sur les évènements historiques qui s’y rapportent. Un des lycéens, Sofiane, a ainsi déclaré que « le racisme c’est discriminer quelqu’un pour ses origines sociales, religieuses ou ethniques », tandis que d’autres ont parlé du Nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale et de l’Apartheid en Afrique du Sud.

Jean-Pierre Le Petit a ensuite apporté un éclairage juridique sur le racisme et l'antisémitisme. Il a rappelé que la liberté d’opinion, et son corollaire, la liberté expression, sont des libertés fondamentales garanties au niveau national, européen et international, mais qu’elles comportent des limites, en cas de d’abus ou de trouble à l’ordre public. Les différentes infractions liées au racisme et l'antisémitisme (injure, diffamation, apologie de crime contre l’humanité, etc.) ont été citées, ainsi que les peines encourues. Jean-Pierre Le Petit a également insisté sur le fait que le racisme et l’antisémitisme sont des circonstances aggravantes en droit pénal.

Un cas pratique, inspiré de faits réels, a ensuite été soumis à la classe : un homme âgé, Monsieur Cohen, identifié comme juif du fait de la présence d’une mezouzah sur le chambranle de sa porte, est agressé par trois jeunes alors qu’il rentre chez lui. Lors de sa garde à vue, un des jeunes déclare avoir ciblé Monsieur Cohen parce que « les juifs ont de l’argent », qualifiant ainsi son mobile.

Trois élèves ont accepté de simuler un procès virtuel et de jouer le rôle du président de la cour d'assises, de l'avocat de la victime et de l'avocat de la défense.

À l’issue de cette intervention, Gilles Pécout a tenu à remercier InitiaDROIT pour son engagement : « le droit est partout dans le quotidien et il est important qu’il soit appris à l’école ». Le bâtonnier de Paris a conclu en s’adressant aux lycéens : « Vous êtes une génération très exposée aux problématiques de racisme et d’égalité. La tolérance c’est avancer ensemble et se respecter. Le droit peut vous y aider ». Pour compléter la démarche, elle a avancé l’idée d’organiser dans un lycée ou au Palais de Justice un concours de simulation plus approfondie de plusieurs procès, avec le rectorat et InitiaDROIT, qui a conclu le 12 septembre dernier un partenariat en ce sens avec la DILCRAH.