Editorial

Prix Ludovic Trarieux 2015

Droits de l'Homme

Mis à jour le 05.11.2015

Décerné à l'avocat saoudien Walid Abu al-Khair

 

 

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Walid Abu al-Khair est ainsi le lauréat du XXème prix décerné, très exactement trente ans après Nelson Mandela, alors lui aussi emprisonné, en 1985.

Le Prix sera remis à Genève en Suisse, le 27 novembre 2015. Le premier prix avait été remis en avril 1985, à Bordeaux, à la fille de l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, qui était alors toujours emprisonné.

Fondateur de Monitor of Humain Rights in Saudi Arabia (Surveillance des droits de l'homme en Arabie Saoudie), (MHRSA),  l'Observateur saoudien des droits de l'homme, Walid Abu al-Khair a participé depuis plusieurs années à des actions intentées contre le gouvernement pour avoir emprisonné des militants sans charge, et pour avoir interdit le vote des femmes aux élections municipales. Il a représenté de nombreuses victimes de violations des droits de L'homme et a été notamment l'avocat de Raif Badawi, le célèbre blagueur saoudien qui a été condamné en juillet 2013 à sept ans de prison et 600 coups de fouet. Il lui avait été reproché d'avoir, entre autres, insulté les autorités religieuses en créant et en administrant un site Internet.

Le 6 juillet 2014, Walid Ahu al-Khair a été condamné par la Cour pénale spécialisée en matière de terrorisme à quinze ans de prison - dont cinq années assorties du sursis - à autant d'années d'interdiction de voyage et à 200.000 riyals (environ 50.000 euros) d'amende, pour "désobéissance et rupture de l'allégeance au souverain", "manque de respect envers les autorités" , "outrage à magistrat" .

La Cour pénale spécialisée a été instituée pour juger des affaires liées au terrorisme, mais elle est utilisée pour poursuivre les défenseurs des droits de l'homme.     Le ministre de l'Intérieur avait émis contre lui une ordonnance de placement en détention en vertu de la loi de janvier 2014 contre le terrorisme, qui donne au ministère de l'Intérieur le pouvoir d'emprisonner les suspects en matière de terrorisme.

Le 26 juin 2014, Walid Ahu al-Khair a lu une déclaration devant la Cour expliquant qu'il ne reconnaissait pas la légitimité de la juridiction. Tout au long de l'audience ses jambes étaient enchaînées.

Sur appel du ministère public, le 12 janvier 2015, la Cour pénale spécialisée de Riyad a annulé le sursis et a ordonné que la totalité de la peine de 15 ans de prison soit exécutée parce qu'il n'avait pas retiré ou présenté des excuses à la Cour.

Le 15 février 2015, la Cour pénale spécialisée de Riyad a confirmé la décision.

En août 2014, Walid Ahu al-Khair a été transféré de la prison de Jeddah à celle de Malaz à Riyad. Pendant le transfert, il aurait été passé à tabac et jeté au sol ; depuis, il souffre du dos.

Le 4 février 2015, Walid Abu al-Khair a été à nouveau transféré de prison de Malaz au centre de réadaptation Al Hall-, à Riyad. Ce transfert - le sixième depuis qu'il est détenu - serait lié à son refus de reconnaître la légitimité du tribunal de première instance et d'avoir refusé de présenter des excuses à la cour. Son avocat américain, Daniel N. Arshack, aurait été interdit de visa pour l’empêcher de rendre visite à son client emprisonné. 

En février dernier, le barreau de Paris a envoyé une lettre au gouvernement saoudien demandant la libération de ce confrère injustement condamné pour avoir exercé sa profession.

Pour toute information complémentaire : www.idhae.org et www.ludovictrarieux.org