Editorial

Nouvelles arrestations en Turquie : Amnesty international de nouveau touché par la répression

Droits de l'Homme

Mis à jour le 10.07.2017

L’Observatoire International des Avocats en danger (OIAD) dénonce fermement l’arrestation de Idil Eser, directrice d'Amnesty International Turquie et de onze autres personnes, lors d’une réunion de formation au management et à la sécurité informatique, organisée dans un hôtel de Buyukada, une île située au sud d’Istanbul.

Parmi les onze personnes arrêtées se trouvent trois avocats,  Me Şeyhmuz Özbekli, Me Günal Kurşun (Human Rights Agenda Association) et Me Nalan Erkem (Citizens Assembly). On compte également des défenseurs des droits humains, İlknur Üstün (Women’s Coalition) Nejat Taştan (Equal Rights Watch Association), Özlem Dalkıran (Citizens Assembly) et Veli Acu (Human Rights Agenda Association), deux formateurs de nationalité allemande et suédoise ainsi que le propriétaire de l’hôtel.

D'après les informations communiquées par Amnesty international, Idil Eser et les autres détenus n'ont pas été autorisés à contacter des avocats, ce que la police est autorisée d’empêcher uniquement pendant 24 heures. Ils n’ont pas pu non plus contacter les membres de leur famille  alors que cela doit leur être accordé immédiatement.

Ces arrestations interviennent moins d’un mois après l’arrestation de Taner Kiliç, avocat et  président d’Amnesty international Turquie accusé par les autorités turques d’avoir des liens avec le mouvement de Fethullah Gülen, qui est tenu responsable par le Gouvernement de la tentative de coup d’état de juillet 2016.

L’OIAD s’alarme de ce que depuis l’échec de ce coup d’état, l’écrasante majorité des arrestations conduites par les autorités turques Gouvernement turc l’auraient été de manière arbitraire et s’apparente à une forme de répression dirigée contre toutes les voix libres et indépendantes du pays. En quelques mois, plus de 50 000 personnes, parmi lesquelles de nombreux magistrats, avocats, journalistes et universitaires, ont été victimes de mesures de représailles. Le recours à la torture lors des détentions a été rapporté à de nombreuses reprises.

L’OIAD exprime sa pleine solidarité à Amnesty International Turquie, aux avocats turcs ainsi qu’aux défenseurs des droits de l’homme victimes de cette répression. En l'absence de preuves de leur implication dans la commission d’infractions, l’OIAD demande donc instamment aux autorités turques d’abandonner toutes les charges retenues contre eux et de garantir leur liberté et sécurité.

Qui sommes-nous ?

L’Observatoire international des avocats en danger a été fondé par le Conseil national des barreaux (France), le Barreau de Paris (France), le Consejo General de la Abogacía Espanola (Espagne), et le Consiglio Nazionale Forense (Italie). Son objectif est de mener une veille permanente de la situation des avocats menacés dans le monde en raison de l’exercice légitime de leur profession et de porter assistance aux avocats dont la vie, la liberté ou l’exercice professionnel sont menacés.

Sont membres actifs de l’OIAD les barreaux suivants :

Barreau de Caen
Barreau des Hauts-de-Seine
Barreau de Metz
Barreau de Montpellier
Barreau de La Rochelle - Rochefort
Barreau de Lyon
Barreau de Rouen
Barreau de Strasbourg
Barreau de Tour
Barreau de Thonon les Bains
Barreau de Rennes
Barreau de Bari
Barreau de Brescia
Barreau de Messina
Barreau de Oristano  (Sardaigne ).
Barreau de Rome
Barreau de Turin
Barreau de Barcelone
Colegio de Abogados del Senorio de Bizkaia (Bilbao)
Colegio Legi de l'Advocacia de Lleida
Barreau de Madrid
Colegio de Talavera de la Reina (Toledo)
Barreau de Genève (Suisse)
Barreau de Dyarbakir (Turquie)