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Le Japon à l’honneur : retour sur la XVe édition du Campus international

Mis à jour le 03.10.2019

Les 19 et 20 septembre 2019 s’est tenu à Tokyo le Campus International Japon, en partenariat avec le barreau de Daini Tokyo et avec le soutien de la Fédération des barreaux japonais : une grande première et un grand succès ! Cette manifestation, première du genre pour les avocats japonais, a réuni sur deux jours de formation près de 250 participants : avocats japonais, avocats français, avocats de la zone ASEAN, représentants du ministère de la Justice, de l’ambassade de France, du service économique régional, entrepreneurs, universitaires, etc.

campus_tokyo.jpgUne volonté commune, une réalisation conjointe : le succès de la formule Campus International ne s’est pas démenti au Japon

Campus International Japon a pu voir le jour grâce à l’initiative du barreau de Tokyo Daini, son président Monsieur Fumitaka Sekiya et sa vice-présidente Madame Mari Fujii, et a été porté par sa commission internationale, son président Monsieur Tomoaki Ikenaga, et ses vice-présidents Madame Ayano Kanezuka et Monsieur Toyohisa Kaminiwa. Côté français, c’est Stéphane de Navacelle, secrétaire de la commission internationale, et le service international de l’Ordre  des avocats de Paris, qui ont été les artisans du projet.

Ouvert par Madame le bâtonnier Marie-Aimée Peyron, Monsieur Fumitaka Sekiya, président du barreau de Tokyo Daini, et Monsieur Laurent Pic, ambassadeur de France au Japon, ce Campus s’est focalisé sur les thèmes qui fondent l'attractivité économique par le droit pour les deux pays, de tradition juridique commune, dans une perspective comparative.

L’implication des membres du conseil de l’Ordre et des différents intervenants au sein des différentes tables rondes, a été décisive pour le succès de cet événement qui doit permettre avant tout aux avocats de se former et d’échanger. En témoigne le riche programme des travaux.

Des travaux comparatistes guidés par la notion d’attractivité économique par le droit

dsc00681.jpgEn introduction de la première journée de travaux, les systèmes juridiques français et japonais, leurs réformes récentes mais aussi les pratiques professionnelles des avocats des deux pays ont été présentés.

La seconde session portant sur les questions liées aux délits commis par des dirigeants de société, sujet d’actualité immédiate, a permis d’exposer les bases du système pénal et de la procédure pénale des deux pays, les réformes législatives intervenues et celles à mener.

Les enjeux inhérents aux relations entre la technologie et le droit, et à la manière dont les barreaux peuvent s’impliquer pour anticiper ces évolutions ont été discutés au cours d’une troisième table ronde qui a permis au barreau de Paris de mettre en avant son rôle moteur dans le développement de nouveaux services juridiques dans le domaine de la Legaltech, notamment grâce à l’Incubateur et au Lab EFB.

La seconde journée a débuté autour des litiges commerciaux internationaux, modes amiables de règlement des différends, arbitrage et juridictions spécialisées. Au Japon, a été institué le Conseil interministériel pour la promotion de l’arbitrage international en septembre 2017 et l’établissement d’un centre de l’arbitrage international de Tokyo est prévu pour mars 2020. Paris a pu faire montre de ses capacités à traiter efficacement des litiges internationaux complexes au travers de la chambre commerciale internationale de la cour d’appel de Paris et du centre arbitral de l’ICC, d’ores et déjà bien connu à travers le monde.

La seconde table ronde de cette journée a été consacrée à la déontologie et à la protection du secret professionnel. Les règles déontologiques en vigueur, l’étendue et les limites du secret professionnel ainsi que le rôle particulièrement important joué par la Carpa dans la prévention du blanchiment d’argent ont pu être présentés par les intervenants français. Au Japon, la Fédération des Barreaux plaide en faveur de l’introduction d’un niveau de protection du secret professionnel comparable à celui de la France.

Enfin, l’ultime session de formation a porté sur le droit du vin et des spiritueux dans le contexte de l’entrée en vigueur récente de l’accord de partenariat économique entre l’Union Européenne et le Japon. Les indications géographiques européennes et japonaises sont désormais réciproquement protégées, cette protection devant renforcer l’exportation-importation des produits agricoles de part et d’autre. Une dégustation de vins naturels français a permis de conclure cette session par un moment convivial valorisant le patrimoine viticole.

Ateliers spéciaux, rencontres institutionnelles, réunions de travail : les indispensables à-côtés de Campus International

dsc00412.jpgDeux ateliers spéciaux ont également été organisés, le premier consacré au rôle des avocats dans la lutte contre la peine de mort. La peine capitale est toujours en vigueur au Japon et les barreaux japonais s’engagent avec courage dans la lutte pour l’abolition. Les actions menées par les barreaux en ce sens (plaidoyer, accès au droit et à la justice, formation) ont fait l’objet d’échanges très riches.

Organisé en partenariat avec le service économique régional, l’atelier spécial Droit des sociétés et investissements, a permis de faire connaître aux participants français la situation économique et le droit des affaires japonais du point de vue des entreprises françaises implantées au Japon. Deux entrepreneurs français, chairman de Michelin Japon et président de BIO C’BON Japon, ont pu partager utilement leur expérience.

Un petit déjeuner d’échange et de travail organisé en marge des travaux a permis à Madame le bâtonnier Marie-Aimée Peyron et à Monsieur le vice-bâtonnier Basile Ader de rencontrer les avocats du barreau de Paris installés dans toute la zone ASEAN (Tokyo, Hong-Kong, Taïwan, Hanoï, etc.) pour échanger sur leurs expériences et leurs problématiques particulières et envisager la manière dont l’Ordre pourrait soutenir au mieux leur activité.

L’ambassade de France a accueilli la soirée de clôture de Campus International Japon, ce qui a permis à l’ambassadeur de France au Japon, Monsieur Laurent Pic, de se réjouir à nouveau de cette initiative partagée du barreau de Paris et du Daini Tokyo Bar et d’appeler de ses vœux une coopération pérenne entre avocats français et japonais compte tenu des opportunités.

Ces manifestations annexes ont contribué à la relance de la coopération avec les barreaux japonais autour de la CARPA, de l’incubateur  et plus généralement en matière pénale, de déontologie, de Droits de l’homme, etc. Dans son ensemble, Campus International Japon a permis aux avocats participants d’appréhender le marché japonais, de se former aux spécificités de la culture juridique et professionnelle locale, leur activité, tout en favorisant le rayonnement de notre droit. Gageons qu’émerge un flux d’affaires nouveau entre Paris et Tokyo, permis par des liens institutionnels renforcés, suite à ces journées d’échanges fructueux autour de nos préoccupations communes.

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