Editorial

L'arrivée de l'américain Rocket Lawyer, spécialiste des procédures dématérialisées, déconcerte les avocats

Mis à jour le 20.04.2017

Source : Le figaro

 

  • Pour le Barreau de Paris
    • "Nous n'avons pas d'hostilité, mais nous regardons tout cela avec circonspection, juge le bâtonnier de Paris, Frédéric SicardNous ne savons pas comment ce logiciel travaille et le modèle économique n'est pas clair. Malgré nos demandes, Rocket Lawyer n'a pas levé le voile sur ces questions."
    • "Bien sûr, nous sommes favorables à un plus grand accès du droit en France, mais nous n'avons eu aucune réponse sur la question des données personnelles qui vont transiter par cette plateforme", souligne pour sa part Marie-Aimée Peyron futur bâtonnier de Paris. 
  • La vision de Rocket Lawyer : 
    • Selon Christophe Chevalley, le responsable de Rocket Lawyer Europe, "dans 80 à 90 % des cas, les problématiques posées sont basiques et nous pouvons construire pour les internautes un parcours d'actes simples". Dans le cas où "l'algorithme bloque sur des faits complexes, il est proposé de consulter un de nos avocats", précise-t-il.
    • Le réseau compte aujourd'hui 82 avocats. Si ces derniers ne versent pas de commission à Rocket Lawyer pour cette mise en relation, ils s'engagent à 30 minutes de consultation gratuite, puis, sur leurs honoraires, à une ristourne de 10 % sur leur rémunération au forfait et de 30 % sur leur tarification à l'acte.
    • Dans la mesure où la plateforme vise un marché de l'abonnement de masse - 39,90 euros par mois sans engagement, ou bien paiement à l'acte -, elle finira par refaçonner les prix du marché et imposer ses standards à plus d'un titre.
    • En moyenne, entre  58 % et 62 % des 16 millions d’utilisateurs aux États-Unis et au Royaume Uni de la plateforme n'ont jamais eu recours à un homme de loi, selon une étude de Kantar TNS. Mieux encore, un tiers des internautes cherche ses solutions juridiques sur des sites comme Doctissimo, et 17 % à travers Facebook. 
  • Pour Me Olivier Cousi, qui dirige pour le cabinet Gide la ligne de métiers propriété intellectuelle, télécommunications, médias et technologies, "il faut être vigilant sur deux points. Beaucoup de ces entreprises californiennes imposent leur souveraineté en dépit de nos grands principes juridiques qu'elles contournent. Il faut également être vigilant sur ces entreprises d'intermédiation qui captent une rente financière et peuvent appauvrir des pans entiers de marché."