Editorial

Conférence « 70 ans après la Déclaration universelle des droits de l'Homme, quel héritage aujourd'hui »

Mis à jour le 07.01.2019

À l’occasion de la rentrée 2018, le service international de l’Ordre des avocats de Paris a organisé comme le veut la tradition une journée de colloques destinés aux délégations étrangères et à l’ensemble des avocats parisiens qui ont rencontré un franc succès.

La matinée du 29 novembre 2018 a été consacrée au 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme autour de grands témoins, d’avocats, de politologues et de personnalités qui sont au quotidien des acteurs majeurs de la mise en œuvre des droits fondamentaux.

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Cette conférence a permis de faire un état des lieux sur la situation des droits humains en France et dans le monde en 2018. Corinne Lepage, ancien ministre de l’Environnement, a présenté la Déclaration universelle des droits de l'humanité qui, dans la continuité de la déclaration de 1948, rappelle le péril dans lequel se trouvent l’humanité, la nature, la gravité de la situation et le fait que les effets néfastes des dérèglements écologiques constituent autant de violations des droits fondamentaux des êtres humains et une menace vitale pour les générations présentes et futures.

Le rôle de l’avocat n’a jamais été aussi important qu’en cette époque critique de réchauffement climatique, de migrations humaines massives et de 6e extinction des espèces… Les politiques européenne et française en matière d'asile ont fait l’objet d’une analyse critique par les avocats parisiens intervenus pro bono à Lesbos, et spécialistes du droit des étrangers en particulier Marianne Lagrue, membre du conseil de l’Ordre. La question sensible des réfugiés climatiques a donné lieu à la présentation d’un projet de convention internationale sur les réfugiés climatiques qui viendrait prolonger l’Accord de Paris signé en décembre 2015 à l’issue de la COP 21. Ce projet, porté par Yvon Martinet, ancien vice-bâtonnier de Paris, a suscité un vif intérêt de l’ensemble des participants.

La question des menaces qui pèsent sur les avocats a été abordée au travers de l’exemple de Karen Meija, jeune avocate du Honduras, défenseure des droits des femmes, aujourd’hui réfugiée en France. Basile Ader, vice-bâtonnier de Paris et président de l’Observatoire international des avocats en danger, a lancé un appel aux barreaux présents à venir rejoindre cette organisation qui apporte aide et soutien aux avocats partout dans le monde.

Depuis une quarantaine d’années, les inégalités de tous ordres augmentent dans presque tous les pays du monde. Le bâtonnier de Port au Prince, Stanley Gaston, a témoigné de l’engagement de son barreau pour favoriser l’accès au droit dans son pays, dans des conditions pourtant extrêmement difficiles. Furent enfin évoquées les actions du barreau de Paris, en matière de solidarité, et mises à l’honneur diverses initiatives, à l’instar du barreau des rues, lauréat des trophées Pro Bono 2018, qui permettent d’agir auprès des plus démunis en les aidant à faire valoir leurs droits.

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